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« On ne devient pas Thanadoula parce qu’on a « l’habitude » de la mort. »

Dernière mise à jour : il y a 25 minutes


On me le dit souvent : « Oh, si tu fais ce métier, c’est parce que tu as vécu beaucoup de deuils, tu dois être habituée. » C’est une erreur. Ce dimanche 15 février 2026, ma maman 🧡 aurait eu 80 ans. Le 23 mai prochain, ma grand-mère ❤️ en aurait eu 111. J’ai connu le choc de leur perte dès mes 25 ans, la fusion brisée, le combat de deux ans contre le cancer, et à 33 ans ce silence assourdissant du « jour d’après ». J'ai connu ces "mortelles" expériences suivies de plusieurs autres qui vous déchirent le cœur.


👉 Mais souffrir ne donne pas un diplôme. Avoir vécu le deuil ne signifie pas savoir l’accompagner.


Être Thanadoula, ce n’est pas un prolongement de ma peine, c’est un métier.


Le métier de Thanadoula souffre d'un fantasme : celui d'un accompagnement toujours « doux », presque cinématographique, où il suffirait de tenir une main et d'allumer une bougie.


La réalité est plus rugueuse. S’improviser dans ce domaine, c'est prendre un risque immense : celui de projeter ses propres traumatismes sur l'autre, de véhiculer de fausses croyances, ou de mettre en péril la sécurité psychique de familles déjà vulnérables.



Ma légitimité, je ne l'ai pas puisée uniquement dans mes larmes, mais dans la rigueur :


➡️ Au tout début dans l’exigence de JALMALV en tant que bénévole, pour comprendre que la vie se loge jusqu’au dernier souffle.


➡️  Puis dans la réalité des EHPAD, où j'ai exercé 14 ans comme infirmière face au compte à rebours quotidien de la grande vieillesse.


➡️ Dans la certification de l’école Cybèle (Canada), pour confronter mes pratiques et valider mes compétences auprès de mes pairs.


➡️ Dans la force du collectif, grâce au réseau de Thanadoulas né de notre séminaire d'octobre (Lueurs Dorées) et aux consœurs précieuses qui m'entourent. Ce partage de bonnes pratiques est mon garde-fou : nous ne sommes plus seules, nous construisons ensemble la solidité de nos interventions.


➡️ Dans le questionnement permanent, à travers l’excellente formation « Être la thanadoula que je suis » de Sylvie Di Scala. C’est ce travail exigeant qui me permet d'affiner ma posture, de questionner mes limites et de trouver la juste distance pour oser, aujourd'hui, vous livrer ce récit personnel.



✴️ Aujourd'hui, je suis fière d'être Gwenaela. Une femme dont le parcours personnel a été le terreau, mais dont la formation est la boussole.



Le métier de Thanadoula doit prendre sa place — une place sérieuse, formée et encadrée — auprès du corps médical et des familles. Parce que la fin de vie et le deuil méritent plus que de la bonne volonté : elle mérite une expertise.



Maman, Mémé, je porte votre héritage, mais c’est mon travail qui porte les personnes que j’accompagne.


☺️ Je suis Gwenaela, je suis thanadoula. ☺️ 

 
 
 

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